Aug San Suu Kyi

Si vous n’avez jamais entendu parler d’Aung San Suu Kyi, de son combat en Birmanie et de son prix Nobel, cet article est fait pour vous. Et si vous savez déjà, eh bien, rien ne vous empêche de passer votre chemin.

Bon, alors tout d’abord, le premier truc qu’on retient chez Aung San Suu Kyi, c’est que son nom est vachement compliqué à écrire. Sans déconner, je sens que je vais galérer ma race, alors pour aller plus vite, parfois j’écrirai ASSK, si ça ne vous dérange pas.

Aung San Suu Kyi est née en 1945 à Rangoon en Birmanie, elle est la fille du libérateur du pays de la colonisation britannique qui eut lieu de 1824 à 1947-48 (pour être plus précis, l’accord est signé en 1947 et la Birmanie devient vraiment indépendante en 1948). Et là où ça commence à pas être rigolo, c’est que son père, Aung San, qui semble plutôt être un mec sympa (rapport a fait qu’il libère son pays du joug anglais quoi), se fait assassiner alors qu’elle n’a que deux ans.
Eh ouais, comme on dit, c’est toujours les meilleurs qui partent les premiers (enfin ça dépend, coucou Adolf !).
Il se fait tuer avec six autres de ses ministres par des militaires qui considèrent que c’est un traître puisqu’il a un peu fait copain-copain avec les Japonais pendant la guerre, grâce à qui il a pu devenir général et créer un État indépendant, avant de se ranger du côté des Alliés. Ouais, c’est pas forcément facile à comprendre.

Bref, Aung San Suu Kyi, sa fille donc, de base, elle peut pas trop saquer la junte militaire, du coup. Durant son enfance, sa mère s’engage un peu en politique pour terminer le travail que feu son mari avait commencé, et ASSK fait ses études en Inde puis en Angleterre où elle étudie la philosophie, l’économie et les sciences politiques à Oxford. On sent déjà qu’elle en a dans le ciboulot la p’tite.
Elle rentre ensuite en Birmanie en 1988 car sa mère est très malade. Cette même année, elle fonde la LND, la Ligne Nationale Démocratique, et, inspirée de Ghandi et Martin Luther King, elle prône la non-violence pour lutter contre la junte militaire qui gouverne le pays.
ASSK est très populaire mais bien évidemment, les dirigeants commencent à se dire qu’elle vient un peu foutre la merde dans leur dictature. En 1989, elle est donc assignée à résidence pour qu’elle perde en influence.
Raté, en 1990, la LND recueille 80% des voix aux élections. Bien évidemment, la junte militaire renie ce score et augmente les répressions vis-à-vis des opposants. Ils n’ont pas envie de passer le flambeau, les chenapans.

Le souci avec l’assignation à résidence, c’est que bon, comme son nom l’indique, tu ne peux pas sortir de ta baraque. Outre le fait que tu peux vite devenir fou, ça craint surtout pour voir des gens. Et Aung San Suu Kyi a un mari et des enfants en Angleterre.

Tu la sens la vie pourrie ?

Elle continue cependant de résister et accepte son sort. Parce que si elle quitte le pays pour revenir au Royaume-Uni, elle ne pourra plus y revenir. Et son combat aura été vain. C’est ce qu’on peut appeler une battante.
En 1997, son mari est atteint du cancer de la prostate, mais on lui refuse l’accès au pays pour voir sa femme. Il meurt en 1999 et ils ne se seront pas revus. Ouais, il en faut du mental et des convictions pour endosser ça.

Elle est finalement libérée en 2002 (12 ans d’assignation à domicile bordel, 12 ans!) mais se fait emprisonner en 2003. Le bonheur fut de courte durée.
En 2005, on prolonge son assignation à résidence et elle est à nouveau en détention à partir de 2009, ce qui l’empêche de participer aux élections de 2010. Belle vie pour ASSK. Le 13 novembre 2010, elle est libérée pour de bon et est élue députée en 2012 : enfin une victoire concrète.
Elle quitte ensuite son pays pour se rendre en Thaïlande, et faire un tour d’Europe.
Le 16 juin, elle reçoit le prix Nobel de la paix, bien mérité, j’ai envie de dire. Elle annonce en 2013 vouloir se présenter aux élections de 2015, mais la constitution interdit à un Birman marié à une personne étrangère de se porter candidat. Depuis quelques mois, elle appelle à un boycott des élections si on ne la laisse pas se présenter à la présidence. Sa lutte est loin d’être terminée.
Les élections législatives ont eut lieu en novembre 2015 (le 8 novembre), qu’elle emporte haut la main! Le nouveau parlement élira début 2016 le nouveau président, mais Aung San Suu Kyi reste inéligible à ce poste.. BOYCOTT !!!!

http://www.aungsansuukyi.fr/

http://www.bfmtv.com/breves-et-depeches/birmanie-aung-san-suu-kyi-n-exclut-pas-un-boycott-des-elections-876052.html

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