V.I.O.L

Viol. V-I-O-L. Viol.

C’est en lisant Les Monologues du vagin  du vagin hier soir que j’ai mis un mot sur ce mot. Le répéter, se le mettre en bouche comme Eve Ensler s’est mis en bouche le mot « vagin ».

On en parle, on fait des statistiques, « Chaque heure en France, près de 9 personnes sont violées, soit 206 viols par jour. Le nombre de viols serait de 75.000 par an en France, dont seulement 12.768 déclarés. Il y aurait chaque année 198 000 tentatives de viol en France. » mais est-ce qu’on y pense profondément ? Se questionne-t-on personnellement ?

Ai-je un jour violé quelqu’un ? Ai-je un jour été violé.e ? Peut-on parler de viol dans ce contexte ?

Je crois que tout a démarré dans ma tête lors d’un débat animé autour d’une bonne pinte. Une petite réunion amicale en fin d’été. Notre péché mignon mes amis et moi : LE DÉBAT.

Le débat du jour ? Quand y a-t-il viol ? « Le copain de M. l’a clairement baisée sans son consentement »  « c’était pas violent, elle n’a pas répliqué » « en réalité ils étaient saouls, les signaux ne sont peut être pas passés » « viol ? » « Non ! » « M. dis que oui, son copain choqué dit que non » et vous ? Bref nous n’avons pas pu aller plus en profondeur dans nos réflexions, interrompues par deux mâles en recherche de conquêtes…

Mais l’idée a fait son chemin, j’y ai beaucoup repensé et posé mon opinion sur le sujet. Le viol n’a pas à être violent pour être. Le viol c’est un problème de consentement. A-t-elle envoyé des signaux d’accord ? M’a-t-il permise ? C’est très subtil car non verbal, il n’y a pas de « bon pour accord » écrit en bas d’une feuille blanche avant chaque rapport bien heureusement j’ai déjà assez de problème administratif avec ma banque (sisi la banque pop) m’enfin LA est aussi le problème.

Bref, telle une nombriliste j’ai posé mon bouquin hier soir et j’ai pensé. J’ai pensé à moi.

Et à mon viol.

Première fois que je mets le mot dessus, et ça fait mal. Je l’avais évoqué une fois à un ami, mais je n’étais pas convaincue de ce que ça impliquait, de la « valeur de ce mot ». Aujourd’hui je ne peux plus arrêter d’y penser. Que dirait ma mère si elle apprenait ça ? Et mon copain hypothétique ? Ça s’est passé il y a si longtemps, ai-je inventé cette histoire ? Qu’est-ce que j’ai bien pu inventer déjà à mes amis quand je suis descendue de ce boudoir complètement groggy ? Est-ce qu’aux yeux des autres, mes amis, ma famille je serais salie ? Et surtout pourquoi un tel déni ? Je vous explique pas l’insomnie qui a suivi, à repenser à toute cette histoire !

Pour resituer, il arrivait qu’en soirée bien arrosée je finisse dans le bureau de la boîte de nuit du coin à coucher avec le patron, (pardon madame, me direz-vous, mais qui fait la maligne maintenant ?) Mais un soir, une certaine drogue a fini dans la bière qu’on m’avait gentiment offerte, et je me suis retrouvée dans le bureau du patron une fois de plus, mais seulement cette fois je n’étais pas consentante. La donne avait changé. Sans arme ni violence, cette petite séance au bureau… j’en suis sortie comme une fleur, ne me rappelant de rien, comme après une petite sieste sur le sofa (ou presque, mais passons les détails sordides). B. m’attendait en bas : « Ça fait longtemps que je t’attends meuf, tu faisais quoi ?! Je m’inquiétais ! » « Une petite partie de jambe en l’air sûrement ». C’est aussi passé par « On m’a droguée mais rien ne s’est passé, hein » avec les années, puis aujourd’hui, cette nuit : « On m’a droguée, abusée, certes sans violence, mais sans mon accord non plus, en somme violée, dans ce putain de bureau. »

Ne t’inquiète pas maman, moi ça va… Je me dis que c’est à cause ou plutôt grâce au déni ! À force de dire que : « Non Non B. haha je me suis retrouvée, droguée, dans le bureau du patron, droguée mais il ne s’est rien passé, non vraiment » Je ne tombe pas de haut, je ne tombe pas en pleine déprime, juste beaucoup de questionnement. Je me demande surtout comment aider ? Comment agir ? Je veux faire quelque chose, pas contre ce Duc des trous d’uc, non, agir pour aider celles qui en ont besoin.

France 3 a consacré une soirée entière sur le sujet du viol et de la violence faite aux femmes. Cette soirée a rassemblé 3 millions de téléspectateurs, c’est bon de voir que la France n’est pas complètement focalisée sur ces téléréalités à la manque.. (bref ce n’est pas le sujet) la soirée a largement été partagée sur les réseaux sociaux et été jugée d’utilité publique. C’est un beau pas en avant, car c’est de toute une culture dont nous parlons là, une éducation à faire dès le plus jeune âge, apprendre à la nouvelle génération à ouvrir les yeux et les oreilles sur le consentement, le viol  et autres sujets s’y raccrochant.

J’aimerais que ce genre d’actions se fassent moins rare, n’hésitez donc pas à proposer vos idées de projets et de collaborations à Junon qui souhaiterait aussi participer activement à cette cause.

Sur ce, je vous laisse, maintenant que ça c’est fait, j’ai encore à régler mes papiers avec la Banque Pop !

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