Trois coups retentissent

Par Maria

Trois coups retentissent.  19h25. Il est en avance.

Lorsque j’ouvre la porte, il est déjà nu. Son regard trahit une impatience fiévreuse qui se pose sur moi comme un harpon. Nos corps se mettent au diapason, en silence. Je lui laisse la place d’entrer ; ses pas glissent lentement sur le sol froid dans une danse muette. Je m’achemine à travers la pièce, calmement. Le bruit de mes talons est en harmonie avec son souffle, et met en alerte sa peau qui attend le contact de la mienne. Je sens son regard qui me cherche, qui me devine dans la pénombre.

« Je ne t’ai pas dit de t’asseoir. Lève-toi. »

Ma voix autoritaire me surprend à moi-même, car il semble qu’une autre partie de moi naît avec ces quelques mots. Décontenancé, il s’exécute. Son dos s’offre à moi, large, dessiné, achevé par des fesses bombées de fierté. Invitation charnelle, désir compulsionnel. Sa peau brûle mon regard avide de courbes, de chair, d’arrondis et de traits. Mon regard se perd sur la chute de ses reins, qui, nonchalamment inclinée vers l’arrière, se donne comme une dune à gravir. Ce corps je l’ai désiré, rêvé, je l’ai parcouru du bout des doigts, massé, empoigné à pleine main, ce corps je l’ai goûté, léché, dégusté, tant et tant de fois qu’une ivresse familière s’empare de moi. Je lui demande de me suivre dans la cuisine, faiblement éclairée mais suffisamment pour que je perçoive la pointe de son désir.

Je sens son corps se raidir, alerte au son de mes pas, et toutes les cellules de sa peau se tendre vers le plaisir. La dentelle noire qui orne mes hanches me donne un sentiment de puissance qui se renforce lorsque je surprends son regard qui lèche ma peau, la dévore, et bientôt, la souille. Femme maîtresse, femme amante, je suis celle que mon instinct me convainc imperceptiblement de devenir.

« Tu étais en avance. Tu vas être puni. Penche-toi en avant. »

Son souffle se fait plus rapide, et je sais que l’excitation qui se révèle dans les coins de sa chair n’est rien à côté de celle qui naît… Le seuil qui sépare le plaisir de la douleur est un voile hâtivement jeté sur le masque du désir. Je deviens autre, tu deviens moi, je veux être toi. Il n’existe plus de limite dans cette partie de moi qui se réveille, et se laisse petit à petit happer par le désir, se raidir, jouir, s’adoucir, mourir sous le joug du plaisir.

Frissons. Frissonner sous le coup des fessées frénétiquement effrénées.

Passion. Passionnément tienne et sans condition passionnée.

Jouissance. Le plaisir des sens sans contenance.

INTERDIT. Si tu me dis oui… je ne te dirai pas non…

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