Olympe de Gouge

 

Olympe de Gouges est une femme dont on parle peu dans les cours d’histoire, bien qu’elle fut une des premières féministes françaises qui a tenté de jouer un rôle pendant la Révolution. Petit rappel de la vie d’une femme qui savait porter ses ovaires.

Olympe de Gouges et née à Montauban en 1748, d’un père boucher ou drapier, on sait pas trop, ça dépend des sources, mais en tout cas une chose est sûre, elle fait croire qu’elle est la fille d’un noble, Lefranc de Pompignan. Son vrai nom, c’est Marie Gouze. Elle se marie avec un riche négociant, et après sa mort s’installe à Paris en 1766.

Elle est cultivée est s’intéresse à toutes les causes sociales, surtout celles concernant les Noirs et les femmes. Olympe est considérée comme une femme de lettres aussi, puisqu’elle publie des pièces sur l’esclavage (cf. L’Escalvage des Noirs ou l’Heureux Naufrage qui rentre au répertoire de la Comédie Française, bien que peu accepté par ses membres) et crée sa propre troupe de théâtre, composée de femmes uniquement. Bref, on voit bien qu’elle est engagée. D’ailleurs, XVIIIe siècle oblige, c’est pas vraiment la se-cla d’ouvrir sa gueule quand t’es une femme, alors son fils finit même par la renier.

Lors de la Révolution Française, elle publie la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne en septembre 1791, en écho à la Déclaration des Droits de l’Homme. On peut dire qu’elle n’a pas froid aux yeux. Et elle est tellement audacieuse et attachée à ses convictions qu’elle se propose pour prendre la défense de Louis XVI car elle est contre la peine de mort. Sa demande est rejetée. La raison ? C’est une femme. Pas plus compliqué que ça.

Après la Révolution, Olympe de Gouges sent que ça commence à puer du cul. La Terreur, c’est pas son truc, c’est à l’encontre de ses idées et elle flaire la dictature arriver. Elle manifeste son opposition au régime et elle reproche à Robespierre et aux Montagnards de sortir la guillotine un peu trop souvent sans raison. Pour appuyer ses opinions, elle montre une fois de plus qu’elle n’a pas peur de montrer ses convictions : elle placarde des affiches contre Robi, qu’elle signe avec un pseudo, Polyme, l’anagramme de son nom, et dénonce :
«Tu te dis l’unique auteur de la Révolution, Robespierre! Tu n’en fus, tu n’en es, tu n’en seras éternellement que l’opprobre et l’exécration… Chacun de tes cheveux porte un crime… Que veux-tu? Que prétends-tu? De qui veux-tu te venger? De quel sang as-tu soif encore? De celui du peuple?».
Après tout ça, on finit par pense qu’elle l’ouvre un peu trop et pour bien lui faire fermer sa bouche, on l’exécute le 2 novembre 1793. Ses derniers mots seront : « Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort ! ».

Extraits de la déclaration :
Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaltérables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment présente à tous les membres du corps social leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne :

-Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. […]

– Article 3 Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la femme et de l’homme ; nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

-Article 4 La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

«(..).sexe supérieur en beauté comme en courage »… On peut dire qu’elle avait la confiance la de Gouges.

Elle a failli entrer au Panthéon cette année, sous l’impulsion d’Anne Hidalgo, mais finalement, François Hollande en a décidé autrement.

https://www.ldh-france.org/1791-DECLARATION-DES-DROITS-DE-LA/

http://www.lefigaro.fr/culture/2014/05/07/03004-20140507ARTFIG00146-il-y-a-266-ans-naissait-olympe-de-gouges-premiere-feministe.php

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