Masturbation post rupture

Par Bibiche

Il y a peu, j’ai rencontré quelqu’un qui me plaisait vraiment, à qui je plaisais vraiment et on s’est mis ensemble. Oui comme ça, pas besoin de blablater. Je rajouterais quand même que je me sentais vraiment bien avec lui, et que ça ne m’était jamais arrivé avec un garçon avant. J’étais moi-même, et je lui plaisais juste pour ce que j’étais. Je ne savais pas que c’était possible. Et puis la vie étant ce qu’elle est (encore une fois, pas besoin de blablater), il y a peu, je me suis retrouvée célibataire. La relation n’a pas duré très longtemps, mais pour moi ça n’a pas d’importance. C’est pas la durée qui compte. Tu peux être un an avec quelqu’un et te faire chier comme un rat mort, ou une semaine avec un mec avec qui c’est très fort et intense.

Bref, il a fini par me quitter. La période qui suit la rupture est difficile pour tout le monde. Mais il y a quelque chose qu’on aborde presque jamais autour de nous, qui est rarement vu dans les films et les séries. C’est tout l’aspect sexuel dont je veux parler. Alors certes, oui, parfois, on voit des petites blagues sur le fait que les mecs se retrouvent seuls avec leur main droite, on voit des images fort drôles d’un garçon dans son lit avec des dizaines de mouchoirs autour de lui. Bon. Déjà, on parle uniquement des garçons dans ces cas-là, on suppose que la fille ne se pose pas du tout ce genre de questions.

Ben nan, elle est simplement en train de se morfondre sur son canapé avec un pot de Häagen-Dazs parce qu’elle aime être un putain de cliché. En réalité, bien sûr que les filles se morfondent, les garçons aussi, tout le monde se morfond après une rupture. Puis les jours ou les semaines passant, l’appel du sexe se fait inévitablement sentir – enfin ça dépend, moi je suis du genre à ne plus avoir de libido pendant des mois et des mois. cf. mon article sur le sujet !
J’étais donc très surprise de voir ma culotte m’envoyer des signaux de fumée alors que ça ne faisait qu’un mois et demi que j’étais célibataire. J’ai trouvé ça sympa et rassurant, mais je ne suis pas prête pour autant à retenter la bête à deux dos avec quelqu’un. Mon vagin m’appelait, mais faut pas déconner, je reste ce que je suis : une personne qui ne peut pas faire l’amour sans sentiment. La seule solution était donc de faire ce voyage en solitaire.

Je me mets donc en route vers le chemin du bonheur, avec une légère inquiétude cependant. Parce que je me connais. Mes fantasmes et ce qui marche dans ces moments-là, c’est imaginer ce que je ferais avec la personne qui occupe mon clitoris – et mon cœur aussi, rapport au fait que je suis une romantique du cul – ou alors, quand personne il n’y a pas, de me remémorer des souvenirs. Ouais. Tu sens le truc de merde arriver. C’est même plus fort que moi, dans ces moments de plaisir solitaire, les pensées arrivent toutes seules, sans véritable contrôle. Ma première masturbation post-rupture s’est donc soldée par un échec.
Et pas des moindres.
Non seulement je n’ai pas eu d’orgasme, mais je me suis mise à pleurer juste après, de frustration, de colère et de tristesse, de me dire que si j’avais besoin de lui, même pour ça encore, j’étais clairement pas en voie d’amélioration comme je le croyais.
Que j’étais pas sortie de l’auberge en matière de sérénité et de retour à la vie seule. Ça a été horrible de voir qu’il pouvait encore avoir du pouvoir là-dessus, sans être là, sans le savoir, sans le vouloir. Je jurai qu’on ne m’y reprendrait plus. Je me suis dit qu’il fallait malheureusement que j’attende encore, et d’être sûre qu’il soit complètement sorti de ma tête, ou que je fasse l’amour avec quelqu’un d’autre à nouveau, ce qui n’est pas près d’arriver (oui, oui, vous avez compris, toujours cette histoire de sentiments pendant le sexe, et sachant que je ne suis pas prête à rouvrir mon cœur, ça va encore puer le fumier pour un long moment).

Finalement, quelques jours plus tard, mon corps m’a de nouveau fait comprendre qu’il avait besoin de moi. Poussée par une pulsion d’optimisme qui me caractérise peu, je décide de me remettre en selle. Pour pas faire la même connerie que la fois d’avant, je me décide à y aller sereine et à utiliser un support à caractère pornographique pour me concentrer sur autre chose que mes souvenirs.
Petit détail, n’étant pas fan du porno que je trouve absolument pas réaliste, et même parfois incompréhensible, j’opte pour de l’audioporn, très bonne alternative, et très efficace en ce qui me concerne (si vous êtes intéressé.e.s par des sources à fournir, contactez mon agent). Cette fois-ci, orgasme il y eut. Victoire ! Allez-vous me dire. Mais non. Orgasme certes, mais orgasme nul, parce que venu au bout d’environ 45 secondes.

Nouvelle déception.

Ce que je recherche dans le rapport sexuel, c’est pas juste le climax. D’ailleurs, avant l’ex sus-nommée, je n’avais eu que des orgasmes toute seule, et ça ne m’empêchait pas d’apprécier grandement les parties de jambes en l’air que j’avais déjà eues dans ma vie. Donc autant vous dire que je préfère mille fois un rapport de dix-quinze minutes (j’ose pas dire plus, certains garçons vont peut-être avoir un complexe de performance et c’est pas le but, mais vous avez compris l’idée) sans orgasme, où je suis à 70-80%, plutôt qu’un rapport qui se finit avec le feu d’artifice des sens – j’ai été poète dans une autre vie – mais qui aura duré 1 minute 30 (entre nous, je sais pas si un mec peut faire venir une fille en 1 minute 30, mais si c’est le cas, ne vous servez pas de cette arme, c’est pas en votre faveur, gardez vos skills pour plus tard et laissez-la kiffer).

Suite à ce nouvel échec, j’ai pensé que j’aurais besoin de lui à vie pour avoir un rapport « normal », sain et agréable. Vous vous rendez compte ? Se dire qu’on a  BESOIN  de quelqu’un d’autre pour quelque chose que l’on s’est fourni à soi-même pendant des années sans l’aide de personne, même en connaissant des pénis à côté ? Ne vous en faites pas, je suis lucide, je n’aurai pas  BESOIN  de lui à vie, je sais qu’un jour viendra où je n’y penserai plus, mais là je vais galérer pendant encore une longue période. C’est difficile d’accepter que quelqu’un puisse avoir une influence à distance sur quelque chose de personnel, d’intime, de solitaire, et de normalement très cool. Certains me pousseraient à persévérer, mais je pense que je vais laisser mon clitoris en paix pendant quelques temps, parce que l’acte qui est censé me rendre joyeuse / me sentir moins stressée et soulagée / me booster, me rend juste frustrée et malheureuse.

Alors souhaitez-moi simplement bonne chance pour ce très probablement long périple au pays du néant sexuel.

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