Mary Wollstonecraft

 

Je vais aujourd’hui parler d’une auteure assez méconnue en France, l’écrivaine britannique Mary Wollstonecraft.

Mary Wollstonecraft est née en 1759 et est morte en 1797. Déjà là, je pense que t’as compris le délire : XVIIIe siècle, les Lumières. Et peut-être que tu ne le sais pas, mais ça ne s’appliquait pas exclusivement à la France. Au Royaume-Uni, on appelle ça Enlightenment, et on s’intéressait non seulement à Voltaire, Diderot et autre Rousseau, mais on suivait de près la Révolution française. Les avis étaient divisés, comme tu t’y attends dans un pays si monarchiste.
Et pourtant, la plupart des grandes figures littéraires de l’époque soutenait les soulèvements du peuple français (excepté Edmund Burke par exemple, qui kiffait bien la royauté et surtout Marie-Antoinette).
Bon, après ils se sont rendu compte qu’avec la Terreur, ça allait un peu trop loin et que c’était pas super cool d’en arriver là. Buter le roi et la reine, ok, mais tous les dissidents, faut pas déconner. Surtout qu’on était vite considéré comme un opposant politique. Donc voilà pour la remise en contexte.

Et pour en revenir à notre moutonne, la petite Mary est, de fait, perçue comme une grande femme de lettres, une philosophe et la mère du féminisme moderne (eh oui, si c’était une pécore parmi les autres, je ferais pas un article dessus).
Elle est aussi la mère Mary Shelley (elle donne son propre prénom, posey), auteure de Frankenstein.

Comme beaucoup d’autres auteurs donc, elle est inspirée par les idéaux de la Révolution française, et écrit des essais sur l’éducation où elle est une des premières à prôner l’école mixte, à une époque où on s’en fout que les filles aillent à l’école (Thoughts on the Education of Daughters, 1787), mais elle écrit surtout sur le droit des femmes.
Son Vindication of the Rights of Women, paru en 1792, est son ouvrage le plus connu. Elle est convaincue que la vraie liberté politique s’appuie sur l’égalité des sexes et que la féminité n’est qu’un concept social : la séduction, la sensibilité, le raffinement excessif et tout ce qui concerne les apparences est imposé par une culture masculine – elle a tout à fait raison.
Elle montre aussi l’importance de l’éducation pour les filles qu’elle considère essentielle au pays puisqu’elles élèvent les enfants, et qu’elles ne sont pas de simples épouses, mais de véritables compagnes pour leur mari. (On est au XVIIIe siècle, rappelez-vous, alors bon, envisager un autre modèle de famille autre que homme-femme-enfants, c’est un peu foufou, même pour Mary Wollstonecraft. Elle reste tout de même une des pionnières en matière de féminisme.)
Elle pousse sa réflexion plus loin dans Maria, or the Wrongs of Woman (1798, à titre posthume donc), où elle argue que le manque d’autonomie des femmes les encourage à être des marginales sociales.
Elle fut grandement critiquée, notamment par les Tories, le parti conservateur, mais reste une personnalité de son temps, où les auteurs romantiques anglais étaient portés par le vent de liberté de la Révolution française et aspiraient à un monde nouveau et plus égalitaire. Bref, Mary Wollstonecraft déchirait sa mère.

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