L’orgasme

Par Clémentine

La semaine dernière, on m’a suggéré un article paru sur le site du Parisien, peut-être l’avez vous vu passer, peut-être vous êtes-vous endormi en le lisant, assommé par tous ces chiffres et ces diaphragmes/diagrammes sur l’orgasme féminin… moi aussi.
Du coup j’ai décidé d’approfondir leur article.

L’orgasme est l’apogée d’un bon coït ou autre pratique sexuelle, que ce soit chez l’homme ou chez la femme. Mais comment un tel phénomène est-il possible ? Pourquoi les femmes ont-elles plus de mal à l’atteindre ? On remet les bases et on se lance.

Tout d’abord, l’orgasme ? Mais qu’est ce que c’est exactement ?
C’est un mot que nous connaissons et que nous vivons mais qui cependant reste dur à définir.
C’est simplement une réponse psychologique et physique qui a lieu au maximum de la phase d’excitation sexuelle. C’est ce qu’on appelle la jouissance extrême, qui dure environ 6 secondes pour l’homme et 20 secondes pour la femme (point positif on va pas se plaindre !) L’orgasme se traduit dans la majorité des cas par l’éjaculation chez ces messieurs et par une contraction musculaire du périnée et rétraction du clitoris chez la femme (en général, parce que les femmes peuvent aussi éjaculer parfois… mais c’est un autre sujet à aborder…)

La stimulation des différentes parties érogènes et la stimulation psychologique durant l’acte vont donc provoquer aussi bien chez l’homme que chez la femme beaucoup de réactions corporelles :

*Un mouvement musculaire,
*Une accélération du rythme cardiaque et de la respiration,
*Une dilatation des pupilles,
*Lubrification,
*Vocalisation (quand tu fais un peu trop de bruit pour les voisins)
*Spasme du visage,
*Rougeurs,
*Libération de la tension sexuelle.

En bref, tout ce qui te rend moche au meilleur moment.

Pendant l’orgasme, deux protéines sont libérées au niveau de ton cerveau : l’ocytocine et la prolactine, qui vont donner cette impression de profond bien-être. C’est ce qui va notamment créer cette envie d’activité sexuelle persistante. Au niveau psychologique, l’orgasme provoque aussi une inhibition des sens (la prochaine fois tu essaieras de sentir l’odeur de graillon qu’à laissé la préparation du dîner et tu verras que j’ai raison), mais aussi un bien-être extrême ainsi qu’un apaisement et relâchement de tout ton corps.

Chez toi, femme pleine de désir, ton corps réagit différemment.
En plus de toutes ces réactions il faut savoir que ton clitoris en érection se retire, tes petites lèvres enflent, deviennent plus foncées et plus sensibles. Ton vagin diminue de volume et se gorge de sang. Et pour finir, le muscle de ton utérus se contracte.

Ce phénomène, bien que perpétré depuis la nuit des temps, n’a été étudié scientifiquement qu’à partir des années 60 par William Master et Virginia Johnson (la série est ouf si t’as pas envie de lire leurs analyses sur Wikipédia).
Bref, leurs études se penchent sur la sexualité et notamment sur l’orgasme lors de rapports sexuels ou de masturbations.
Ils déduisent de leurs analyses 4 phases de la réponse sexuelle dont l’orgasme :

*L’excitation : montée du plaisir par stimuli (notamment du clitoris),
*Le plateau, c’est l’excitation constante durant tout le rapport.
*L’orgasme, qui est la montée du plaisir avec une contraction des muscles.
*La résolution, c’est lorsque l’esprit et le corps redescendent au repos.

D’après Freud ainsi que le docteur O’connel, il y aurait deux sortes de femmes. Les femmes vaginales et les femmes clitoridiennes.
Cependant, grâce aux tests et expériences scientifiques de William et Virginia, nous savons aujourd’hui que nous sommes en réalité toutes clitoridiennes. En effet, l’orgasme vaginal est provoqué par une stimulation indirecte du clitoris par le mouvement et la faible distance entre ces deux organes. En réalité, il existe UN orgasme mais de multiples façons de l’atteindre.

Après l’effort, le réconfort, après l’orgasme, le post-orgasme.
Et oui, après l’orgasme, le corps débute sa phase de résolution : une période dite réfractaire qui dure de 5 minutes pour les femmes à 20 minutes pour les hommes, c’est en réalité le temps que le corps va prendre pour retourner au repos, qui comprend la période de sommeil, plus fréquente chez l’homme, ce moment où tu te sens comme une crotte à côté de cette larve alors que tu voulais un câlin post coït. (Je vous entends d’ici vous les hommes qui détestez ça, ça vous arrange bien de dormir…)

Le corps peut aussi complètement te lâcher en laissant tes larmes couler. Les pleurs sont fréquents chez la femme après un grand moment de plaisir. C’est dû à la chute soudaine de la tension sexuelle et des différentes hormones produites durant l’acte.

Il est donc normal de ressentir différentes émotions après un orgasme. Que ce soit une sensation de plénitude due aux endorphines, de la tristesse ou de la nostalgie dues aux hormones ou alors le sentiment négatif de l’échec, qui est une peur que tout le monde ressent, cette peur de ne pas combler l’autre (alors que franchement, si tu as eu le feeling, c’est que l’autre personne a prit son pied aussi).

Mais pourquoi les femmes ont plus de mal à atteindre l’orgasme en général ? J’ai trouvé différentes réponses, notamment dans le livre « La Révolution du plaisir féminin – sexualité et orgasme » d’Elisa Brune (que j’adore, c’est aujourd’hui ma bible) et aussi dans de nombreux articles de sexologues, psychologues, blablatologue, bref, voilà donc quelques réponses :

*Premièrement, la femme connaît mal son corps. Et c’est vrai.
Peu de femme savent à quoi ressemble leur vulve vue d’en bas, peu de femmes savent où se trouve leur clitoris, de quoi est constitué leur vulve et leur vagin, où se trouve le point qui les feront jouir du premier coup, comment fonctionne leur corps et l’orgasme en général. Beaucoup de femmes n’ont jamais exploré leur corps, ne se sont jamais masturbées. Alors que c’est la base de tout plaisir.
Connaître son corps, ses sensations, ce que l’on aime, ce que l’on désire, savoir se donner du plaisir seule est la clé pour donner ET recevoir du plaisir à deux.

*Deuxièmement, l’homme connaît mal le corps de la femme. J’ai eu la chance de lire ce commentaire aujourd’hui : « Il n’y a pas de femmes frigides, il n’y a que des mauvais amants » ça m’a fait rire.

On a toutes déjà eu cette réflexion le lendemain d’un préliminaire ou d’un coït un peu foireux :  « Bah il a pas trouvé mon clito… » « Il sait pas s’en servir j’en ai encore mal » « Il a même pas cherché… » (Quoi, ça ne t’es jamais arrivé ? Tu as eu de la chance, mais gare à toi la prochaine fois !)

Donc messieurs, s’il vous plait, allez sur Google, tapez  « clitoris »  et regardez où il se trouve. Une fois localisé, demandez à votre partenaire de prendre 5 minutes pour vous montrer ce qu’elle aimerait que vous fassiez avec, parce qu’après ces 5 minutes, c’est pour la vie cette pratique.

*Troisièmement, stop à la course à l’orgasme.
On est entrés dans une phase de performance, l’orgasme à tout prix, à tous les rapports…
Les femmes sont souvent poussées, par les stéréotypes de ces foutus magazines, à DONNER un orgasme à leur conjoint. Ce qui les mène souvent à penser que si elles n’ARRIVENT pas à lui en donner, c’est un échec. La femme se met alors à la chasse à l’orgasme de son partenaire sans faire attention à son plaisir à elle.
Pourtant, se faire plaisir à soi, un plaisir égoïste, sans retenue (mais toujours avec consentement bien entendu) c’est la clé du plaisir à deux, vous ne croyez pas ? Et puis si on n’atteint pas l’orgasme à chaque fois, c’est pas très grave si? Tant qu’on ressent du plaisir, du désir et qu’on se sent comblé(e), non?

*Quatrièmement, la perte de libido due aux contraceptifs, le vaginisme, les troubles sexuels, l’excision, le viol, les traumatismes…
15% des Françaises sont aujourd’hui touchées par le vaginisme.
En 2004, 53 000  femmes résidants en France étaient « recensées » excisées.
75 000 viols par an seraient commis en France.
Donc beaucoup de femmes blessées, torturées, traumatisées ou qui ont juste quelques problèmes passagers. Ça influence beaucoup tous ces chiffres..

C’est à peu près ce que j’ai trouvé de plus intéressant, mais si vous avez d’autres propositions, écrivez-nous un petit commentaire, ça nous ferait plaisir.

En conclusion, je préfère juste vous donner une petite recette de grand-mère pour faire passer votre hoquet persistant : l’orgasme.
Sur ce je vous laisse, je pars en exploration.

 

Laisser un commentaire