Le Vaginisme

Par Clémentine

Le vaginisme, mot vaguement connu ? Déjà entendu une ou deux fois par-ci par-là ? Il touche, pourtant, aujourd’hui, plus de 15% des Françaises ! Mais alors qu’est-ce que c’est ?
Le vaginisme, c’est tout simplement un blocage psychologique qui empêche ton corps de laisser entrer quoi que ce soit dans ton vagin. Mais comment est-ce possible, me diras-tu ? Voici quelques explications pour comprendre ce mot trop peu connu et encore tabou pour la plupart des femmes concernées.

Tout d’abord, le vaginisme n’est pas une maladie, rien de très grave ni de fatal. C’est seulement le résultat d’un blocage psychologique, d’un réflexe inconscient souvent dû à une expérience sexuelle mal vécue par ton corps ou ton cerveau. Le corps va donc créer un blocage physique pour que la douleur vécue ne se reproduise pas.

Comment se manifeste ce réflexe ?

Lors d’insertion de corps étranger dans ton vagin comme un doigt, un pénis ou un objet en tout genre (tout dépend de ce que tu préfères…), le muscle du plancher pelvien, qui est situé autour du vagin, va se resserrer et entraîner soit un léger inconfort, un brûlement, une douleur aigüe ou même parfois une sensation de déchirement. La douleur est donc réelle bien que le cerveau en soit le déclencheur.

Il existe différentes sortes de vaginisme qui vont, la plupart du temps, définir la douleur vécue et sa fréquence lors des rapports sexuels. Il existe donc le vaginisme «global», qui t’empêche d’avoir des relations sexuelles en toutes circonstances ou alors celui «situationnel» qui surviendra avec une personne ou un objet précis.

Le vaginisme peut être aussi «primaire» et se manifester dès le premier rapport sexuel, ou alors «secondaire» et survenir après un traumatisme comme un abus, une phobie de la grossesse, une cause neurologique, un trouble de l’identité sexuelle, une insuffisance de lubrification ou encore une infection vaginale suite à un traitement par radiothérapie du col de l’utérus.

Tout cela te fait peur ? Respire ! Bien que 15% des Françaises soient atteintes de vaginisme, ce n’est pas une fatalité et ce mal se traite bien, surtout s’il est détecté au plus tôt. Et en attendant, une sexualité est toujours envisageable autrement, ainsi qu’une grossesse, si tu le souhaites. Ce sujet est tabou depuis trop longtemps, les femmes se murent dans le silence par honte mais cela ne devrait plus être le cas !! En effet, plus on attend pour traiter le vaginisme en pensant que cela finira bien par passer, plus il sera difficile de retrouver une sexualité libérée rapidement.

Mais alors comment se débarrasser de ce fardeau ? Premièrement, il faut prendre son temps et ne pas espérer de résultats trop rapidement. Pour soigner le vaginisme, il faut d’abord savoir et détecter d’où vient ce traumatisme. Quelle est la source de ce problème ? Il est possible que la réponse à cette question soit enfouie bien loin dans ton cerveau et que tu aies besoin d’une aide extérieure, mais pas de panique, beaucoup de professionnels sont là pour ça.
La réponse à cette question est la clé qui te permettra d’aller plus loin, alors pas moyen de passer outre.

Tu as trouvé la «réponse» à cette question et ton corps n’accepte toujours pas de s’ouvrir ? C’est normal, le cerveau garde en mémoire son réflexe musculaire, il faut donc réapprendre à ton corps à se détendre et accepter petit à petit les objets ou corps externes. Pour cela, les médecins et sexologues proposent une série de différents exercices à pratiquer tous les jours et sur une plus ou moins longue période.
Le premier exercice consiste à détecter le muscle qui pose problème et à le contracter.
Ce muscle se situe du côté de ton hémisphère sud, c’est celui que tu utilises pour te retenir d’uriner (il nous a sauvé du ridicule des dizaines de fois celui-ci n’est-ce pas ?!) Une fois détecté, il te suffit de le contracter et de le relâcher par série de 20 et tout au long de la journée. Ne t’inquiète pas personne ne verra ce qu’il se passe dans ta culotte sauf si ton visage trahit ta concentration suprême.

Le second exercice consiste à insérer petit à petit un corps externe dans ton vagin. Il est fortement recommandé d’utiliser ses propres doigts, permettant de gérer en totalité ton corps. Commence par te détendre complètement puis insère un seul doigt. Apprivoise ton corps et redécouvre-le en douceur et sans forcer. Renouvelle l’exercice quotidiennement et durant une période plus ou moins longue selon ton corps et ton ressenti.

Puis saute le pas, passe à deux doigts, puis plus tard à trois, toujours sans forcer et en écoutant avant tout ton corps. Si cet exercice ne marche pas tout de suite, pas de panique, il faut du temps. Repasse quelque temps au premier avant de poursuivre.

Le troisième exercice consiste à introduire un corps étranger dans le vagin. Si tu as un partenaire, tu peux le mettre à contribution, il fera l’exercice avec plaisir.

Sinon utilise ce qu’on appelle un kit de bougies. Non, ce n’est pas un fantasme de pyromane, c’est un petit kit muni de quelques dilatateurs de la forme de godemichets et de tailles différentes. Pour cet exercice, il faut introduire quotidiennement le corps étranger, sans forcément faire de mouvements. Juste pour que ton corps s’habitue à être «habité», pénétré. Si ton corps accepte, tu peux demander à ton partenaire ou pratiquer toi-même des petits mouvements, tout en douceur, toujours dans le but de réapprendre de nouveau réflexe à ton corps et de mieux le comprendre.

Ces différents exercices prennent des semaines ou des mois. Cela peut paraître long et décourageant mais il faut s’y tenir pour avoir des résultat (un peu comme les cours d’abdos-fessier finalement). Il se peut aussi que les exercices ne marchent pas, dans ce cas rien n’est perdu. Des tas de solutions existent pour lutter contre le vaginisme avec l’aide de spécialistes. Pour reconditionner ton cerveau et non t’en faire un lavage, tu peux aller consulter des spécialistes de l’hypnose (nous te recommandons de faire attention aux charlatans), des psychologues, des sexologues, des kinés, des homéopathes, des sages-femmes ou des associations. Ne consulte pas par défaut, prend un spécialiste en qui tu peux avoir confiance et avec qui tu te sens à l’aise. Et n’oublie surtout pas, écoute ton corps avant tout.

Laisser un commentaire