Le Clitoris

Par Clémentine

« Tout le plaisir pour un cœur voluptueux, tout est rose dans le champ de la nature. Sensible à tout, chaque beauté l’extasie, chaque être inanimé lui parle, le réveille. Chaque être inanimé le remue, chaque partie de la création le remplit de volupté »

Le clitoris est sûrement l’organe sexuel le plus connu et pourtant, mesdames, nous restons des éternelles insatisfaites du bouton d’amour. Pourquoi ça ? Certain(es) ne savent pas comment l’utiliser, à quoi il sert, tandis que d’autres ne savent même pas où il se trouve.
C’est un scandale pour nous les femmes. Alors levons le voile sur le centre même du plaisir féminin. Pas de tabou, ici on dit tout sur le petit bout.*

Alors le clitoris, qu’est ce que c’est concrètement ?
C’est un organe de l’appareil génital féminin dont la partie visible se situe au sommet des petites lèvres, et qui a un diamètre de 0,7 à 1 cm en extérieur. Le clitoris est en réalité un organe long de 11 cm dont la partie interne entoure le vagin.
Le clitoris est souvent décrit comme le pénis féminin car il est conçu de la même manière, à quelques terminaisons nerveuses près.
En effet, alors que le gland du pénis chez l’homme détient 6000 terminaisons nerveuses, nous, les femmes, en détenons 8000.
Sa forte vascularisation fait que cet organe est érectile, il rentre donc en érection lorsque la femme est excitée, et a différentes fonctions.
Le clitoris crée l’excitation chez la femme, permet l’ouverture et la lubrification du vagin avant le rapport sexuel et envoie par la suite et grâce aux nerfs un signal au cerveau qui touche le système de récompense et donne donc la sensation de plaisir et de satisfaction.
Le clitoris n’ayant pas d’ouverture ou de canal, ne sert en aucun cas à la reproduction et a donc pour seul but, le plaisir de la femme (et ça, c’est sympa).

Mais ce petit organe n’a pas toujours été apprécié à sa juste valeur.
Au Moyen Âge, les hommes l’ont décrit comme étant le bouton d’amour des femmes. Pour le faire fonctionner, il fallait simplement le frotter avec de l’huile essentielle. À cette époque-là, les hommes avaient déjà tout compris…
Que nenni, c’est au XVIe siècle que le bouton d’amour commence à faire débat. D’un côté il aurait une fonction urinaire, d’un autre il serait l’organe du plaisir ou encore une déformation hermaphrodite, le pauvre clitoris en voit de toutes les couleurs avant de se faire supprimer radicalement du corps féminin à partir du XVIIe siècle jusqu’aux années 60.
Enfin décrit comme un organe du plaisir, il est vite supprimé de l’anatomie pour éviter toute masturbation qui est qualifiée de déviante à cette époque-là.

Le philosophe A.E Narjami écrivait : « Les hommes se sentent menacés par ce qui aurait une apparence phallique chez la femme, c’est pourquoi ils insistent pour que le clitoris soit enlevé. »

Ce n’est qu’à partir des années 60 qu’on laisse sa place au clitoris et que des études approfondies sont menées. Notamment par le Docteur Hellen O’connel qui met en lumière l’érection féminine ainsi que la classification entre femme vaginale et femme clitoridienne.

Ce mot ne te dit rien ? C’est qu’en réalité toutes les femmes le sont.
Clitoridienne désigne la catégorie des femmes qui ont plus de facilité à avoir des orgasmes par stimulation du clitoris. L’orgasme clitoridien provoque une contraction vaginale qui est lui-même intimement lié au petit bouton. (Pour plus d’informationz tu peux aussi lire notre article sur l’orgasme)

De nos jours, le clitoris tient une place importante dans notre sexualité, emblème du plaisir, nous nous devons donc de prôner le droit de jouir de notre corps comme bon nous semble et de combattre l’excision dans les pays qui la pratiquent encore et qui touche environ 6000 femmes tous les jours.
L’excision est une des mutilations de la femme encore en vigueur qui vise à supprimer le clitoris par cautérisation du gland, suture des petites lèvres, ablation totale ou encore pose d’un anneau, tout cela pour éviter que les femmes aillent voir ailleurs ou prennent trop de plaisir.
La femme devrait avoir un droit sur son corps. Un droit à l’orgasme clitoridien. Mais pas trop, car trop d’orgasmes tuent l’orgasme.
Une des seules maladies autour du clitoris est une maladie rare nommée le syndrome d’excitation génital persistante (ou SEGP). Chaque frottement, mouvement autour du clitoris entraîne invariablement un orgasme ou une jouissance extrême. Ce qui peut à la longue ne plus apporter tant de plaisir.

En bref, ce bouton si mystérieux, si caché, ne l’est pas tant que ça. Il suffit de le respecter, l’apprécier à sa juste valeur et le taquiner comme il se doit. Contrairement à ce que font croire les magazines féminins et les potins entre hommes, pas besoin de formation spéciale, d’un savoir-faire inégalable ou d’un brevet d’état pour combler le clitoris.
Il suffit tout simplement, mesdames et messieurs, de partir à l’aventure !

 

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