La Bagarre d’Eros et Thanatos

Par Claire D

Sa pupille s’absente

Et son iris absinthe

Subrepticement se teinte

D’extases sous-jacentes

– Variations sur Marilou, Serge Gainsbourg

 

Il m’attendait dans l’ombre d’un cyprès – arbre phallique par excellence – qui se dressait

immobile dans un rayon de lune.

Mus par un magnétisme ardent, nous nous jetâmes l’un sur l’autre. Chair contre chair, dent contre

sein. Une perte, un abandon de soi aux lois de l’animalité. Ah ! Bande. On. Off.

Une perte dans les méandres aphrodisiaques d’une extase insaisissable. Un plaisir dans la bestialité :

point de tendresse, ni de douceur, la jouissance pure. Alchimie des sens. Éternelle tension entre Eros

et Thanatos : l’amour la mort. La tendresse la violence.

Tentation dionysiaque marquant mon corps d’une cicatrice perverse. Vertige langoureux et

jouissance sous-jacente. Érotisme cru, mouvements infatigables, gémissements irrépressibles. Nous

respirions ensemble les palpitations de sa grosse gorge envahie d’une barbe drue. Le vent de la

concupiscence faisait claquer nos chairs ainsi qu’un drapeau triomphant.

Les yeux fixés sur lui, d’un air vague et rêveur j’essayais des poses et la candeur unie à la lubricité

faisait mon vice. La peau velue et la poigne de fer ajoutaient un charme à mon délice. Sa bouche,

d’une divine morsure, comme un calice, adoucissait mon supplice. Caresse funeste, œil mortifère.

D’une même ferveur, nous châtions l’insolence du désir.

La volupté se rit des Enfers, aucun dieu n’oserait juger un tel blasphème charnel. Et quel

crime est plus indécent que celui de préférer si effrontément la créature au Créateur ?

C’était un outrage lancé au spleen, une insulte à l’épectase.

La lune complice nous inondait de sa clarté bienveillante. Elle semblait un visage opalin qui surveillait

les amants terribles d’un air ironique.
Le calme vint après cette frénésie. Étourdis de plaisir, le cœur battant, nous nous assîmes et

respirâmes, suintant de sueur et de stupre.

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