Jean André, la Sensualité à l’encre de chine

Nous avons rencontré Jean André dans un petit café Parisien, voici son interview sur le ton de la sensualité

Pour commencer, peux-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Jean, je suis artiste, je fais du dessin, de la peinture et de la direction artistique pour un label de musique.
Mon travail est centré autour de l’image de la femme et de la féminité, en général.

Concernant ton parcours professionnel, comment as-tu commencé ? Tu as toujours voulu être artiste ?

Au départ, j’ai une formation de graphiste, je me suis mis en freelance directement après ma formation et j’ai fais à peu près 5 ou 6 années de graphisme « pur » pour des boîtes de com’. Depuis à peu près 2 ans, je « fais l’artiste », c’est beaucoup plus libre.
Tout a débuté via Instagram, mes dessins ont commencé à se faire connaître et mon réseau s’est construit à partir de là. Au fur et à mesure que ma « notoriété » grandissait, ou du moins que mes dessins plaisaient, j’ai fini par faire des expos, et voilà où j’en suis.

D’où t’es venu cette idée de dessiner des femmes ?

À la base, c’est un truc que je réfrénais inconsciemment parce que je disais que c’était pas autorisé, alors que j’ai toujours eu ce truc là en moi, pas coquin mais un peu… à beaucoup aimer le corps des femmes (rires).
J’ai commencé à dessiner des tatouages du coup, des planches de flash tatouage, des pin-up, des roses, des poignards, cette imagerie américaine des années 50.
J’ai vraiment choisi ce thème dans un but purement esthétique, c’est ce que je préfère dessiner. Les femmes sont ce que je trouve de plus beau à dessiner. J’ai ensuite greffé cela à différentes causes féministes qui me tenaient à cœur et que j’essaie de porter en étendard, à ma façon.

Concernant les modèles de représentation de ces corps, t’appuies-tu sur des modèles physiques ou tu laisses ton imagination libre ?

Tout dépend, je fais les deux. Pendant un an, j’ai dessiné des filles qui m’envoyaient des photos d’elles. Mais à coté de ça, je fais des dessins un peu plus abstraits, un peu moins proches de la réalité.

Quelle relation s’établit entre la fille qui t’envoie une photo d’elle et le résultat final ? Est-ce que tu restes complètement fidèle à la réalité ?

Oui complétement, c’est que ce qui me plaisait dans cette démarche, que ce soit un accord mutuel où chacun s’y retrouve, je m’explique : quand la fille m’envoie une photo d’elle où sa pause n’est pas terrible à dessiner, ça gâche le dessin. Donc c’est 50/50, si la fille fait l’effort de faire une belle photo et qu’elle en est fière, le dessin sera cool, il lui plaira et moi j’aurai réussi. C’est surtout un échange, contrairement aux filles qui posent en face de toi, je les dirige un peu, elles ne peuvent pas être exactement comme elles veulent. En photo tu es conscient de ce que tu envoies, tu sais quel est ton meilleur profil !

Quelles techniques plastiques utilises-tu ?

C’est de l’encre de chine sur du papier, après je le scanne et je mets la couleur sur Photoshop.

Quel est le rapport avec la nudité dans tes dessins et plus personnellement ? D’après toi, le fait de dessiner tous ces corps nus relève-t-il d’un fantasme d’ado non avoué ?

Cela tient sûrement un peu de ça, mais pas seulement. Cette envie-là, je l’ai toujours eue. Lorsque je peins, j’ai toujours en background dans ma tête ma culture personnelle par rapport à l’érotisme, par rapport au porno par exemple, et ça se ressent ensuite dans ce que je produis. Moi, ce qui me plaît, c’est surtout l’érotisme, la sensualité, « le charme ». Je me rassure en me disant que j’aurais pu avoir des fantasmes un peu plus gores, qui seraient peut-être mieux passés en dessins. (rires)

C’est donc plus érotique que pornographique ?

Oui carrément, on ne voit jamais rien de clairement sexuel. On ne voit pas de poils, on voit des tétons parce que c’est ce que les gens acceptent le plus, mais il n’y a jamais de pénétration, ca reste dans une ambiance très pin-up .

Comment arrives-tu à retranscrire le côté érotique qui ressort d’un vrai corps ?

C’est une histoire de cadrage et de forme. Les femmes ne se rendent pas compte à quel point tout peut être érotique et sensuel chez elles. Si tu fais un bon cadrage sur une bouche, même si en soi elle n’est pas très belle, si l’attitude est un peu « sexy » tu peux tout dessiner.

Est ce que tes dessins racontent une histoire ?

Ça ne raconte pas une histoire précise, mais l’histoire de ma démarche, de mon travail de création. Ce que j’aime, c’est l’histoire que MOI j’ai avec la personne que je dessine. C’est le fait de dire, à un moment donné, une fille m’a fait confiance pour que je la dessine, que je lui montre le dessin, que je le mette en couleur, etc. L’histoire, c’est le processus de création.

Comment ton entourage réagit à ton activité ?

Comme je suis passé doucement du tatouage au dessin et que ce n’est pas du tout vulgaire, je n’ai pas eu de problème. Pas de filles vénères qui me traitent de machiste. Au final tout le monde apprécie bien, même les clients, même chez Colette. Il n’y a même plus de gêne.

Il sera du 7 mai au 11 Juin exposé à Paris!!!

https://www.instagram.com/je_andre/

http://jeanandre.bigcartel.com/category/original-painting

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