Françoise Barré-Sinoussi

Par Bibiche

Aujourd’hui, point de XVIIIe siècle, point d’Angleterre. C’est Françoise Barré-Sinoussi qui sera au centre de cet article, une scientifique française (cocorico !) qui a participé à la découverte du virus du sida dans les années 1980.

« Françoise Barré-Sinoussi est professeur de classe exceptionnelle à l’Institut Pasteur et directrice de recherche Inserm de classe exceptionnelle. Elle dirige l’unité Régulation des Infections Rétrovirales à l’Institut Pasteur. Elle est également présidente du Conseil scientifique de l’ANRS, coordinatrice du site de recherche de l’ANRS en Asie du Sud-Est et présidente de la Société internationale du sida (IAS).
Françoise Barré-Sinoussi a établi de nombreuses collaborations avec les pays les plus touchés par l’épidémie de VIH/sida, notamment à travers le Réseau International des Instituts Pasteur. Ses travaux ont donné lieu à plus de 270 publications originales dans des revues scientifiques internationales, à plus de 250 communications lors de congrès internationaux et à 17 dépôts de brevets. » Voilà une belle introduction bien badass concernant la personne qui nous intéresse aujourd’hui. Je me suis permis de la piquer sur le site de l’Institut Pasteur, parce que j’aurais pas pu faire mieux.

Les premiers cas de sida sont apparus aux États-Unis en 1981, mais à l’époque le mot même de sida n’existe pas. On parle de « gay syndrom » parce que cela touche principalement les homosexuels, et parce qu’on aime bien faire des raccourcis foireux. En 1982, des médecins de l’Institut Pasteur commencent à se préoccuper de la chose, la maladie ayant commencé à atteindre le pays.
Depuis le début des années 1970, Françoise Barré-Sinoussi travaille aux côtés de Jean-Claude Chermann sur les relations rétrovirus et cancers, et ils sont sollicités avec Luc Montagnier pour travailler sur la recherche de cette nouvelle maladie. Les trois compères acceptent, et en avant Guinguamp.

Bon, au début, c’est assez laborieux. Personne ne sait bien ce que c’est, alors les mecs tentent des trucs un peu au hasard parce qu’ils ne savent pas vraiment par où commencer. Par contre, ils grillent plutôt vite que les lymphocytes jouent un rôle important : en effet, après plusieurs tests, ils constatent que leur taux chute à une telle vitesse qu’ils disparaissent presque complètement. De recherches en recherches, l’équipe décide d’ajouter des globules blancs pour voir les effets. S’en suit une énième mort cellulaire. Bingo, le virus est détecté.

Ils collaborent ensuite avec des médecins américains de l’équipe du Pr. Gallo, qui pensait qu’il s’agissait d’un virus lié à une maladie très rare, une leucémie des lymphocytes T (je sais pas ce qu’ont de spécial les lymphocytes T, mais bon, ça parle de leucémie, alors on est d’accord que ça sent un peu le moisi). Finalement après comparaison, ça n’a rien à voir.

En mai 1983, la première description du virus est publiée dans le magazine Science. Ils l’appellent alors le LAV (« Lymphadenopathy Associated Virus »). Au cours de leurs recherches, ils démontreront ensuite le lien entre ce LAV, qui deviendra VIH (virus de l’immunodéficience humaine), et le sida.

Actuellement, Françoise Barré-Sinoussi travaille toujours sur le sida, en particulier sur un vaccin possible. Elle a reçu le prix Nobel de médecine en 2008 avec son confrère Luc Montagnier pour leurs travaux sur la découverte du rétrovirus responsable du sida. Le Pr. Gallo n’était pas très très content, puisque le bougre revendique lui-même cette découverte.
Cependant, pour couper court, le président du prix Nobel de l’époque, Bertil Fredholm, a annoncé : « Il ne fait aucun doute que c’est dans le laboratoire de Luc Montagnier que Françoise Barré-Sinoussi a isolé le virus en 1983, et nulle part ailleurs ».

 

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