Anne Bonny, La Femme Pirate

par Bibiche

Il est de notoriété publique que les femmes sur un bateau, ça porte malheur (en voilà une belle connerie, tiens!). Pour démonter ce dicton de vieux con, je vais vous présenter l’une des femmes pirates les plus malines et l’une des plus connues de l’histoire, Anne Bonny.

Anne Bonny est la fille illégitime de son père, un avocat, et d’une de ses amantes. Sa femme était gravement malade, ceci explique cela. Elle est née à Cork en Irlande, peut-être en 1698 ou 1697 et est peut-être morte en 1782 ou dans ces eaux-là. On ne sait pas trop, mais bref, t’as compris l’idée, c’est le XVIIIe siècle. Après la mort de sa mère, elle et son papounet vont partir vivre en Caroline de Sud, où son père deviendra marchand et exploitant d’une plantation.

Dès son plus jeune âge, Anne annonce la couleur : c’est une fille violente, rebelle et courageuse. D’ailleurs, elle poignarde une des servantes quand elle a une dizaine d’années. Oklm. Un jour, lors de son adolescence, un jeune homme du coin essaie de la choper sans son consentement. Ni une, ni deux, elle se défend et le frappe tellement qu’il tombe inconscient. Fallait pas la chercher.

Son père lui conseille d’épouser « un gaillard de la mer ». Et ça tombe bien, parce qu’à 16 ans, elle tombe amoureuse du pirate James Bonny, l’épouse et s’installe aux Bahamas avec lui.
À cette époque, le gouverneur propose aux pirates d’être son informateur en échange de pardons royaux et son mari est intéressé par cette alléchante proposition. Par cet acte, il la déçoit. En gros, elle se dit que c’est une sacrée couille molle. Anne refuse et rejoint d’autres pirates montés contre ce procédé. Elle rencontre Jack Rackham, dit Calico Jack, qui deviendra son amant.
À ce moment-là, elle change d’identité, s’habille en homme et se fait appeler Adam Bonny. Elle rencontre ensuite Mary Read qui, comme elle, se fait passer pour une mâle. Leur relation est ambiguë et créera des tensions avec Rackham qui n’a pas l’air d’avoir l’esprit partageur.

Le gouverneur, qui en a marre de voir des pirates foutre la merde dans ses petites affaires, envoie ses hommes pour tenter de se débarrasser d’eux, et ils arrivent sur le bateau du capitaine Calico Jack le 21 octobre 1721. L’effet de surprise est réussi, les autres pirates sont saouls (tiens donc !) et ne cherchent pas vraiment à se battre. Anne et Mary continueront de combattre, seules, et ne rendront les armes qu’après une heure de combat. Eh ouais, elle n’est pas du genre à se laisser faire. On disait même qu’elle se battait comme quatre hommes.

L’équipage est ensuite jugé et pendu. Anne et Mary échappent à l’exécution en faisant croire qu’elles sont enceintes. Y parait qu’en rendant visite à Rackham encore en prison, Anne lui aurait dit « Si vous vous étiez battu comme un homme, vous n’auriez pas à mourir comme un chien ». Elle aime vraiment pas les faibles, apparemment. Sacré bonne femme.
Mary meurt de fièvre en prison (ah ben oui, on mourrait vraiment de pas grand chose à l’époque hein) et Anne est graciée. On ne sait pas trop pourquoi. Sûrement parce que c’était la veille de Noël, allez savoir. Elle ne figure ensuite dans aucun document, le reste de sa vie n’est donc basé que sur des suppositions : son père aurait payé la rançon, puis elle aurait soit retrouvé son premier mari, soit se serait remariée, soit aurait repris sa vie de pirate sous un autre nom. Le mystère reste entier.

Anne Bonny et Mary Read devinrent des légendes de la piraterie, notamment grâce au capitaine Charles Johnson (que certains soupçonnent être en réalité l’auteur anglais Daniel Defoe, qui a notamment écrit Robinson Crusoë) qui relata leurs exploits dans l’ouvrage The remarkable Actions and Adventures of the female Pyrates, Mary Read and Anne Bonny qui fut traduit dans plusieurs langues.

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