48 Minutes IV

par Shoshannah

Une fois ces longues minutes de torture passées, elle revint s’asseoir sur mon ventre.

 

Je me débattais maintenant contre l’étreinte des cordes, je voulais m’en débarrasser pour pouvoir la toucher, la serrer, la caresser, mais à chaque fois que j’essayais de me libérer, la corde serrait un peu plus mes poignets. J’en devenais folle. Ce n’était rien en comparaison de ce que j’allais ressentir ensuite..

Les jambes ainsi écartées au-dessus de moi, elle formait une voûte sous laquelle passait mon corps. Mon sexe était caché de ma vue – à l’abri de la pluie de regards que je laissais choir en sa direction – sous un pont de chair. Comme les ouvrages de béton, le pont que formait son corps était solide. Comme sous un pont de bois lors des averses d’été, il y faisait chaud et humide lorsqu’on s’y abritait.

S’il y a une chose que j’ai appris ce soir-là, c’est que le sexe peut être tout aussi efficace que la drogue lorsqu’il s’agit d’affoler les sens. Cette sensation d’oppression me donna tout d’un coup chaud à la tête, me brûla le corps, me fit bourdonner les oreilles et brouilla ma vision. J’étais dans un état d’excitation que je n’avais jamais atteint auparavant, c’était merveilleux, c’était à m’en faire tout oublier. Pour la première fois de ma vie, je n’avais plus l’intime conviction d’être la meilleure des deux au lit.

Coucher avec cette femme, c’était frôler la démence. Elle commença à me toucher dans l’intention de me faire jouir. Elle était assise bien droite sur moi et elle passa ses mains derrière son dos pour atteindre mon sexe. Elle me caressa d’abord doucement, puis insista plus lourdement. Elle pinçait mes grandes lèvres entre son index et son annulaire, tout en pressant mon clitoris de son majeur. Je sentais mon sexe gonfler de plaisir.

Je supposais qu’il devait se gorger de sang et qu’il s’habillait d’un rouge brillant et éclatant. Les mouvements de vagues qu’elle faisait avec ses doigts faisaient se propager une onde de plaisir qui me léchait le corps. L’électricité se propageait de mes grandes lèvres jusqu’à mon nombril et vers le bas, jusqu’à l’entrée de mon cul en passant par l’intérieur de mon ventre. Elle me prenait dans un étau de plaisir. Ses jambes pressées sur mes flancs, son sexe chaud et humide sur le bas de mon ventre m’enveloppaient d’une chaleur qui me consumait de plaisir. J’étais littéralement trempe.

Elle dominait toujours, tant par sa maîtrise de mon corps que par ma position vulnérable. Mes sourcils se levaient et mes yeux la suppliaient de continuer à faire monter en moi le plaisir. Je suppliai longtemps, elle continua de jouer avec mes nerfs. N’en pouvant plus d’attendre, je le dis.

– Pénètre-moi ! Je t’en supplie ! Pénètre-moi !

Je voyais dans ses yeux à quel point elle aimait que je la supplie, je devais lui faire tellement plaisir que, pour une fois, elle ne se fit pas prier longtemps.
Elle recula en m’embrassant le sternum, le ventre, le nombril, l’aine, les cuisses… et elle se releva, radieuse. Elle enleva ma culotte puis elle commença à me pénétrer.

Je lâchai un gémissement retentissant : « Mhhhhhhh !»  qui traduisait tout un tas d’émotions, de « Merci !» à « Enfin ! » en passant par « C’est trop bon ! » Ça aussi, elle le faisait terriblement bien. La possession était totale maintenant, elle avait envahi mon territoire, elle avait planté son étendard sur ma colline, c’était une conquistador !

Voyant quel émoi elle provoquait dans mon corps, elle se mît à y aller de plus en plus énergiquement. Elle passa d’un doigt à deux, accéléra, alla profond, bien plus profond. Ma tête se mit à tourner mais mes hanches se soulevaient pour en demander plus. Elle s’exécuta. Deux ? Trois ? Quatre doigts ?? Je n’en savais rien, je n’arrivais pas à compter mais j’en voulais toujours plus. Oh oui ! Tellement plus ! J’aurais voulu à ce moment-là qu’elle plonge sa main en moi, qu’elle m’empoigne de l’intérieur, qu’elle assoie son autorité en me remplissant de son corps.

Elle a touché quelque chose en moi à ce moment-là. Elle a touché à ce que je n’ai jamais osé réclamer à qui que ce soit mais que j’ai parfois rêvé en secret qu’on me fasse. Il m’était déjà arrivé de ressentir cette envie et de regarder ma partenaire en lui disant dans ma tête : « Mets le reste, je t’en supplie ! Mets la main ! Prends-moi ! ». Je me retrouvais à nouveau à hurler tout ceci dans ma tête alors que je la regardais me prendre avec tant de plaisir, dans de grands mouvements amples et vigoureux.

Mon sexe était plein de ses doigts et il était heureux, moi, je me sentais si bien !

L’air était composé à 99% de plaisir et je le respirais à pleins poumons. Que c’était bon ! Mais comme tout ce qui est bon a une fin, elle s’arrêta. Que je la trouvai cruelle ! Il fallait qu’elle revienne ! Coûte que coûte ! Elle prit le temps de regarder une nouvelle fois l’heure, la goujate ! Elle me laissait en plan… pour mieux revenir !  Je sus que nous approchions des vingt-huit minutes lorsqu’elle se pencha sur moi pour recommencer car elle entama un numéro dont elle doit encore être fière aujourd’hui. Elle se mit à me pénétrer plus doucement mais d’une main experte, comme si elle connaissait mon ventre de l’intérieur. Elle me fixa dans les yeux puis commença à me parler  « D’abord tu gémis  » Oh oui !  » » prouver à quel point elle me connaissait dans ce genre d’état, et en effet

je gémis « Oh oui ! »…

A Suivre …

Laisser un commentaire