48 Minutes III

par Shoshannah

Je la dévorais du regard, je la scannais de haut en bas pour ne pas en perdre une miette. J’avais devant moi la preuve qu’il existait un langage non-verbal ; j’aurais pu le parler toute la nuit.

Pendant ce temps, le monde continuait de tourner au dehors. Cependant, trop ancrée dans mon corps et trop obnubilée par cette femme, je n’avais conscience de rien qui n’était pas à portée immédiate de mes sens. Comme elle ne me touchait plus depuis qu’elle me regardait d’en haut, les autres sens se sont réveillés. C’est mon ouïe qui m’alerta, et je vis qu’il se passait la même chose pour ma cavalière. Nous tendîmes toutes deux l’oreille vers la musique que jouait ma chaîne hi-fi.

C’était une très belle chanson dont la mélodie toute en vagues était jouée par un violoncelle. La douceur de la friction entre l’archet et les cordes distillait une ambiance soyeuse, aussi soyeuse que la sensation que nous procurait la friction entre nos deux corps moites. La musique ondulait dans mes oreilles, mon corps suivait le mouvement, le sien aussi. Nous dansions à trois… elle, la musique et moi.

La plus belle des danses, c’était celle qui avait lieu devant moi.

Une magnifique femme me regardait droit dans les yeux en ondulant son bassin contre le mien, Elle était parfaitement en phase avec la musique, on aurait dit que le son sortait de son corps. Cette vision me tira un « putain ! »
et un profond soupir. C’était sans compter qu’elle avait l’intention d’aller plus loin dans la provocation.

Quand elle finît d’être satisfaite (et très certainement excitée) de me voir me liquéfier, elle haussa les sourcils pour me prévenir que le niveau allait monter d’un cran. Que pouvait-elle faire de plus ? Elle passa sa main sur sa poitrine en soutenant mon regard avec ses yeux pleins de sous-entendus. Elle se caressa le ventre, les seins puis la nuque puis elle descendit ses fines mains à nouveau pour attraper le bas de son t-shirt. Pendant une seconde, j’étais dans le déni ; elle n’allait quand-même pas faire ça ?! Je lâchai à nouveau une grossièreté, incapable de dire quoi que ce soit d’autre.

Elle se déhancha habilement trois ou quatre fois dans un mouvement vertical et elle se retrouva debout devant moi, mon corps entre ses pieds et elle ôta son haut bleu. Mon associée, comme on aimait à s’appeler, continuait de danser de manière lascive au-dessus de moi. Je crois que je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Ma ravisseuse continuait de m’allumer du haut de son mètre soixante et elle faisait ça terriblement bien.

Dans une glissade fluide et naturelle de ses mains sur son corps, elle préparait la suite. Elle rentra ses pouces sous la ceinture de son pantalon et les fit glisser vers l’avant, jusqu’à en taquiner le bouton. J’étais là, attachée et une femme faisait un strip-tease pour moi. Que pouvait-il m’arriver de plus beau ?… je n’étais pas au bout de mes surprises… Elle continuait sa danse de séduction tout en prenant du plaisir à me regarder l’admirer.

Je savais que le fait que je la trouve superbe l’excitait. Elle aimait voir dans mes yeux que je la trouvais excitante et j’adorais voir la satisfaction dans son regard. Je n’étais donc pas avare en regards et je ne lâchais pas prise une fois que j’avais capté son attention. Cela dit, je n’étais pas dans une position idéale pour dissimuler quoi que ce soit.

Mon corps se cambrait sous l’excitation, ma respiration était haletante, je me mordais les lèvres, je soufflais bruyamment ; tout indiquait que j’étais dans un état d’excitation particulièrement intense. Elle glissait maintenant son pantalon le long de ses jambes et m’enjambât pour pouvoir l’enlever. Elle se retrouva debout à ma droite, retira son pantalon et l’envoya valser en dehors du lit. Ce qui allait se produire ensuite était au-delà de ce qu’on peut qualifier d’excitant.

Elle était donc là, ma tortionnaire en collants et en soutien-gorge, debout à côté de moi en train de danser. Au moment d’enlever son collant, elle posa le pied sur mon buste – comme si elle avait besoin de s’appuyer pour ne pas tomber – juste sous ma poitrine, pressant doucement sur mon diaphragme, me privant ainsi de respirer normalement. J’adorai tellement cela que je pensai jouir sur le moment. Je souris en gémissant. Je la fixais de mes grands yeux écarquillés par une montée de plaisir, semblable à celle que j’avais ressentie lorsque je m’étais laissée embarquer dans un voyage vers les paradis artificiels.

Cette femme était une partenaire sexuelle de premier choix. Dans l’immensité de l’univers du sexe, je savais qu’elle et moi étions sur la même planète ; et sur cette planète, il se pouvait même que nous fûmes sur le même continent. Cependant, nous avions chacune nos propres us et coutumes. Notre rencontre fut un merveilleux exemple d’acculturation ; nous avions les mêmes règles fondamentales, mais différentes manières de les appliquer.

Elle m’apprit à prendre le contrôle de la situation, à me placer dans des rôles que je n’avais jamais joués et à pratiquer des choses que je n’avais jamais faites. Jouer avec le souffle de l’autre faisait partie de ces choses. Dès la première fois qu’elle s’y essaya avec moi, ça m’a rendu folle. Sentir ses mains presser mon cou, ma gorge se serrer, l’air passer en un mince filet à travers une minuscule ouverture. Sentir la résistance offerte par cette étreinte, savoir que l’on est soumise, absolument soumise.

C’était là que résidait la magie de jouer à se couper le souffle, c’était consentir à l’absolue soumission, tout en sachant que le geste rendait les sensations beaucoup plus intenses dans nos sexes. J’adorais ça, qu’elle m’étouffe, qu’elle m’oppresse. Et elle continuait, avec sa deuxième jambe. Elle pressait mes poumons en faisant glisser son collant.

Elle continua à danser au-dessus de moi tant que la musique jouait et m’offrit sa nudité. Une fois le morceau terminé, elle s’arrêta de danser et revînt à sa position de départ, à califourchon au-dessus de mon corps. Le temps passait, elle vérifia l’heure sur mon réveil.

là,  suppliai-je.

Elle se pencha sur moi pour m’embrasser. J’avais envie de la dévorer.  « Putain ce qu’elle est belle » pensai-je en la regardant.
Elle était anguleuse, sa peau tendue entre ses os saillants laissait de grandes surfaces lisses se succéder.

C’était tout le contraire de moi qui suis tout en courbes, sur qui la lumière et l’ombre doivent se succéder en dégradés. Lorsque je la regardais dans la pénombre, j’adorais voir ces grands aplats de lumière et d’ombre, qui dessinaient un corps net et tranchant. Je la voyais serrer mon corps entre ses cuisses et tous ses muscles se tendre sous l’étreinte, c’était puissant et émouvant, comme un clair-obscur du Caravage.

Pour rajouter à ma souffrance, elle décida soudain de se relever sur ses genoux et de me faire toucher le bonheur du doigt, sans toutefois me le donner.

Elle se mit au dessus de moi, la vile provocatrice, et elle commença à se toucher… juste au-dessus de ma tête ! Elle approchait son sexe nu si près de mon visage que je pouvais en sentir l’odeur et la moiteur. Elle poussa le vice jusqu’à avancer assez près pour que je puisse l’embrasser et passer un coup de langue, mais elle me retira ce plaisir aussitôt. Elle savait clairement ce qu’elle faisait, la garce ! Elle prenait du plaisir en se touchant et en me voyant souffrir !

J’aurais probablement été tentée de dire que j’aurais tout donné pour être à sa place – pour tout maîtriser et être au maximum de l’excitation par la domination – mais quel plaisir je ressentais quand elle me menait ainsi en bateau !

A Suivre …

 

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