B.Sensory, Le plaisir connecté

par Clémentine & Jessica

Il nous est tous arrivé de ressentir un plaisir intense et une envie inavoué en lisant le passage érotique de notre livre favori… Mais c’est vrai que dans le train, dans le métro, dans la salle d’attente du vétérinaire ça ferait vite désordre de se masturber pour assouvir ce fantasme non? Enfin perso j’ai jamais tenté.
Enfin ça.. C’était avant!
B.Sensory cette nouvelle lecture érotiquement connectée est maintenant disponible! Nous avons donc interviewé, Christel sa fabuleuse créatrice, pour le lancement de la marque et du produit !

 

Vous êtes donc la fondatrice du concept B.Sensory, mais qui êtes vous exactement ?

Puisque toutes mes vies se mélangent, je dirais que je suis une grande lectrice à tendance geek de 42 ans, diplômée en communication, maman de 2 adolescentes, passionnée par les innovations d’usage et membre enthousiaste de la grande famille du « digital » depuis 2009.

« Lisez, vibrez » c’est votre motto, vous avez créé il y a quelques temps un concept, quel est-il?

J’ai créé ma start-up, E.Sensory, pour développer le concept original de lecture numérique sensorielle. J’avais envie de conjuguer le pouvoir des mots et le potentiel des objets connectés pour imaginer une nouvelle manière de lire. B.Sensory est la première « marque », le premier service issu de cette réflexion.

Pourquoi avoir créé ce concept ?

Lorsqu’on lit un ebook, on perd le lien avec le livre en tant qu’objet, le contact avec le papier, son odeur. Je trouvais intéressant de réfléchir à l’inverse, au moyen de créer ou redonner au lecteur de véritables sensations physiques à partir de ce qu’il lit, écoute, regarde. La littérature érotique étant celle qui donne le plus de sensations, il était évident pour moi de commencer par ce genre et d’exploiter toute sa dimension ludique. Et puis le domaine de l’érotisme est toujours précurseur dans l’adoption des nouvelles technologies. Ce qui s’est vérifié pour le Minitel, l’internet, la VOD se confirmera certainement avec les objets connectés.

Quelle est votre cible principale ? (Femme seule, en couple, hétérosexuelle, homosexuelle, hommes, tout à la fois ?)

Notre premier sextoy, le « Little Bird », étant un œuf vibrant, les premières utilisatrices seront évidemment des femmes, mais elles pourront aussi choisir de prendre du plaisir en duo, en invitant leur partenaire – homme ou femme – à jouer à distance ! Nous espérons pouvoir compléter la gamme d’autres toys pour d’autres jeux et surtout nous avons l’envie de travailler sur une gamme de sous-vêtements vibrants.

De nouveaux objets sexuels connectés voient le jour tous les ans. Selon vous, quel est votre point fort vis-à-vis de la concurrence ? Un petit plus ?

Il y a encore peu de modèles de sextoys pilotés par smartphone, surtout de sextoys « internes », la communication toy/mobile étant compliquée à gérer. En terme de fonctionnalités, la connexion avec la lecture est notre critère le plus différenciant.

Diriez-vous que ce concept est plus érotique qu’un simple sextoy ? Que rajoute la combinaison lecture-stimulation ?

Plus qu’un sextoy, ce que nous proposons c’est une nouvelle offre de lecture, un mélange d’émotions et de sensations, avec en prime les fonctionnalités « classiques » de télécommande, de jeux à deux. Les mots ont un fort pouvoir érotique, je trouve ça très intéressant de les valoriser, de promouvoir l’imaginaire, le fantasme.

Quelles sortes d’ouvrages pouvons-nous trouver dans votre bibliothèque ?

Essentiellement des nouvelles qui seront apportées par des éditeurs de référence mais aussi des textes inédits écrits spécifiquement pour B.Sensory. J’ai vraiment envie de travailler sur de nouveaux formats et d’explorer au maximum les interactions, les sensations… Nous avons par exemple commencé à travailler sur de la BD numérique sensorielle et sur des histoires dont vous êtes la coquine ! Nous avons aussi l’envie de proposer des textes « classiques » pour montrer la diversité et la richesse de la littérature érotique.

Les ouvrages sont-ils disponibles en d’autres langues et vos produits en vente à l’étranger ?

J’espère que le « Little Bird » va voyager partout dans le monde ! C’est d’ailleurs pour ça que nous irons le présenter au CES de Las Vegas en janvier 2016. À l’ouverture nous ne disposerons que de contenus en français mais nous espérons pouvoir très vite proposer des livres en anglais. Nous travaillons aussi avec Audible qui dispose de livres audio dans de nombreuses langues, ce qui devrait nous aider à internationaliser le service.

C’est donc un objet connecté, mais est-il compatible avec n’importe quel support numérique ?

L’application sera disponible sur iOs et Android, sur des smartphones/tablettes compatibles avec la norme Bluetooth Low Energy.

Sexy et attractif, parlez-nous du sextoy en lui-même :

Le « Little Bird » est un œuf vibrant conçu pour le plaisir en solo et en duo. Nous avons beaucoup travaillé le design pour qu’il soit doux, élégant et sympa ! Je voulais que ses lignes puissent séduire des femmes n’ayant jamais utilisé de sextoy et que les hommes l’adoptent tout aussi facilement.

Le sextoy a mis un point d’honneur sur la lettre G ! Dites-en plus sur le spécial point G du sextoy !

Je voulais que les utilisatrices de B.Sensory puissent lire et vibrer partout, y compris dans le train, c’était mon cas d’usage de départ, sans doute parce que la ligne Brest-Paris est très longue. C’est ce qui a guidé notre choix de travailler en premier sur un œuf vibrant.
La forme du « Little Bird » a ensuite été pensée pour respecter les contraintes anatomiques et faire en sorte que les vibrations soient concentrées sur cette zone particulièrement sensible du point G. Mais je reste convaincue que l’intensité du plaisir sera plus liée à la qualité des textes et aux jeux partagés.

Le concept met aussi le « service » à distance avec son/sa partenaire ?

Oui, je trouvais important de proposer les deux facettes du plaisir. Que les femmes puissent choisir de profiter d’une lecture en solo ou de partager un moment de complicité avec leur partenaire. Et puis les jeux à distance sont le minimum attendu sur les toys connectés. Nous avons d’ailleurs plein d’idées pour proposer de nouveaux jeux dans les mois à venir !

Votre entreprise c’est donc du pur made in France ou plutôt made in Bretagne, qu’en est-il de la production ?

Les cartes électroniques sont fabriquées à Brest, la partie plasturgie est réalisée à côté de Lyon. C’est donc un vrai produit made in France. C’était important pour nous, notamment pour pouvoir garantir la qualité de nos produits.

Le lancement des commandes se fait donc le 1 octobre, où se le procurer et à quel prix ?

Jusqu’au 31 décembre, le « Little Bird » peut être pré-commandé sur notre site au prix de 99€ au lieu de 119€. Et si les lectrices Junon tapent le code promo JUNON2015 les frais de ports leurs seront offerts ! Le « Little Bird » sera aussi référencé sur d’autres sites et présents dans certains points de vente physiques.

La livraison est prévue début février, avant la Saint-Valentin. Le délai correspond au temps de production de la première série, qui est très long, la fabrication du moule prenant déjà 8 semaines.

Et vous garantissez donc un envoi discret au client ? (Best service Ever !!)

Oui, évidemment ! Le paquet sera neutre, aucune mention B.Sensory apparente.

Nous avons vu quelques nouvelles érotiques déjà en ligne sur votre site, est-ce une autre partie du concept ou seront-ils connectés par la suite ?

Ces nouvelles sont issues de notre premier concours lancé fin 2014. Elles seront parmi les premières à être proposées en versions « classique » ou « vibrante ».

Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles plumes chez Junon, qu’en est-il pour B.Sensory ? Peut-on participer au projet ? Et comment ?
Nous aussi ! Nous recherchons des plumes coquines pour écrire des nouvelles, des séries, des sages, des scénarios interactifs… Nous lançons régulièrement des appels à textes, mais les auteurs peuvent aussi contacter directement Olivier, notre directeur éditorial (olivier@b-sensory.com).

Un petit mot sur votre équipe ?
J’ai la chance d’avoir une magic team ! Il y a mes associés, Katell et Nicolas, qui sont à mes côtés depuis le tout début, et puis l’équipe technique, avec Kevin, Romuald et Stéphanie, des magiciens du code ! Pour la partie éditorial, il y a Olivier qui doit garder la tête froide malgré toutes les nouvelles érotiques qu’il lit, corrige, publie ☺ et Franck, qui se démène pour que le « Little Bird » soit disponible sur pleins de sites et de points de vente partout dans le monde.

Un petit récap’ des dates clé de votre projet ? Janvier 2014, rencontre de mes associés Avril 2014, dépôt du concept dans une enveloppe Soleau
Novembre 2014, création de la SAS, B.Sensory reçoit le prix du service innovant BtoC du Web.deuxConnect
Mars 2015, premier salon du livre, rencontre avec Françoise marraine du projet
Avril 2015, obtention d’une Bourse French Tech
Mai 2015, BFM Académie saison 10
Juin 2015, TEDx Rennes
Juillet 2015, obtention d’une aide à l’innovation du conseil régional de Bretagne
Septembre 2015, trophée des Femmes de l’économie Grand Ouest, prix de la Femme chef d’entreprise prometteuse
Octobre 2015, début des pré-commandes, le projet devient plus concret.
Janvier 2016, B.Sensory au CES à Las Vegas

Quelques questions plus dans le fond que dans la forme, si l’on peut dire !  Quel est votre rapport/vision de la femme ? Quelle image de la femme souhaitez-vous véhiculer avec ce projet ?

Au départ, le projet B.Sensory était avant tout une aventure entrepreneuriale. Il est devenu militant quand j’ai réalisé, au fil des rencontres, des RDV, des commentaires, à quel point la question du plaisir féminin était encore taboue ! Chez B.Sensory nous voulons promouvoir les mots, l’imaginaire érotique, le fantasme, le désir et surtout le(s) plaisir(s) de manière simple et assumée. J’aimerais ne plus jamais entendre que la masturbation masculine est plus « normale » que celle des femmes.

Pensez-vous que le plaisir féminin est plus accepté de nos jours grâce à l’émergence des sextoys pour femmes ? Selon vous, cela a t-il permis une certaine libération du plaisir féminin ?

Le sextoy, et de manière plus générale, tout ce qui permet une meilleure connaissance de soi, de l’autre, de son corps, de celui de son partenaire, tout ce qui « dédramatise » la sexualité pour en faire un jeu, participe à plus de plaisir. Mais même si on en parle plus, si on peut acheter des toys en grandes surfaces, je constate que le sujet du plaisir féminin, notamment lorsque l’on parle de masturbation, reste « sensible ». Et pas seulement à cause des hommes qui sont encore nombreux à voir le sextoy comme un concurrent.

Beaucoup de femmes restent dans cette vision andocentrée du plaisir. J’ai entendu trop souvent « j’essaierais bien mais je n’ose pas, je vais attendre que mon homme m’en offre un ». Comme si elles avaient besoin d’une « permission ». La libération consiste à s’autoriser à découvrir son corps, à se donner du plaisir, sans honte, sans culpabilité mais aussi savoir refuser des pratiques qui ne plaisent pas ou demander ce qui nous ferait plaisir. Il y a encore du chemin à faire pour que toutes les femmes s’affirment sur ce sujet.

Que pensez vous de la wanking girl, la masturbation féminine ? Votre projet vise t –il a décomplexer, et lever le tabou sur la masturbation ?

B.Sensory s’inscrit effectivement dans cette démarche. Le but n’est pas de convaincre toutes les femmes de lire des contenus coquins, d’utiliser un sextoy et de se masturber, mais de les persuader qu’elles sont libres de le faire si elles en ont envie. Qu’elles soient convaincues que leur plaisir est au moins aussi important que celui de leur partenaire.

Question perso, comment présenter et assumer ce projet en tant que femme ? Est-ce un atout dans votre vie professionnelle ?
De manière simple, naturelle ! Le projet a parfois été plus compliqué à porter que ce que j’avais imaginé mais je vois que les lignes bougent et qu’au bout d’un an, à force d’expliquer B.Sensory mais aussi tous les autres projets portés par notre startup, nous arrivons à avancer. J’ai participé à de nombreux concours de startup, on m’a plusieurs fois précisé que si j’avais été un homme je n’aurai pas été sélectionné parce qu’on m’aurait pris pour un pervers ! Donc je continue de penser qu’être une femme, qui plus est dans cet univers du numérique, des startups, est une vraie chance.

3.. 2.. 1.. Commandez!!!

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